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Il était une fois...
... Gilles Villeneuve

Nom/prénomVilleneuve Gilles
Date de naissance18 janvier 1950
Date de déces8 mai 1982
OrigineSaint-Jean sur Richelieu (Canada)
Etat-civilMariè à Joanne
EnfantsJacques et
HobbiesConduire de toutes sortes d’engins : voitures, 4x4, motos-neiges, bateaux, hĂ©licos,.... Jouer du piano et de la trompette

Biographie

« Certains l’ont surnommĂ© l’Aviateur, alors que d’autres le croyaient fou. Des critiques s’Ă©levèrent dĂ©jĂ  le jour ou il disputa ses premières compĂ©titions en motoneiges, et bien que je le comparais souvent Ă  Nuvolari, on me reprocha de l’avoir engagĂ©. Mais par son style flamboyant, sa maĂ®trise, la manière dont il changeait de vitesse et freinait, il nous montra ce qu’un pilote devait faire pour dĂ©fendre sa position ou faire face Ă  une situation inattendue. Il fut un vĂ©ritable champion et un don au monde entier, apportant la gloire Ă  l’Ă©curie Ferrari. Je l’aimais beaucoup. »

Enzo Ferrari

Un champion hors-normes !

Gilles Villeneuve Ă©tait un pilote exceptionnel. C’Ă©tait aux yeux de beaucoup l’incarnation parfaite du pilote de course. A l’image du Commendatore lui-mĂŞme, qui prĂ©fĂ©rait encore voir ses pilotes casser en tentant Ă  tout prix de gagner, plutĂ´t que d’assurer un rĂ©sultat. Les tifosis ont toujours attendu de leurs pilotes qu’ils donnent le maximum, mĂŞme lorsque leur monoplace n’est pas assez compĂ©titive. Et s’ils gagnent, et bien qu’ils le fassent avec panache, avec les tripes. C’est pour cela qu’ils adulaient Villeneuve. Le Canadien demeure d’ailleurs, encore aujourd’hui l’un des pilotes prĂ©fĂ©rĂ©s des fans de la Scuderia. Et ce, malgrĂ© qu’il n’ait jamais Ă©tĂ© sacrĂ© champion du monde.

Gilles incarnait la maĂ®trise de la vitesse, comme Ă  Monaco oĂą la tĂŞte inclinĂ©e vers l’intĂ©rieur du virage, ses mains maniant le volant Ă  la vitesse de l’Ă©clair, il gardait le pied enfoncĂ© sur la pĂ©dale d’accĂ©lĂ©rateur, sa monoplace en travers. Ce pilotage incisif rĂ©pondait Ă  trois besoins essentiels pour lui : Le premier Ă©tait un fĂ©roce esprit de compĂ©tition qui le poussait Ă  ĂŞtre le meilleur en toutes circonstances. C’est pour cela qu’il pilotait toujours Ă  la limite. La deuxième Ă©tait de tirer le maximum de sa machine, offrant alors au public un spectacle hors norme. Villeneuve Ă©tait un fou de vitesse, tout simplement. S’il y a bien une chose qui le rendait heureux par-dessus tout, c’Ă©tait de flirter avec la limite.

Mais ses coups d’Ă©clats Ă  eux seuls, ne peuvent expliquer l’engouement qu’il suscitait auprès des tifosis. Gilles avait quelque chose en plus, ce petit plus qui fait la diffĂ©rence entre un grand champion et un simple pilote de course. Comme Senna, qui connaĂ®tra, 12 ans plus tard, le mĂŞme destin tragique. Villeneuve Ă©tait un pilote charismatique, honnĂŞte, sincère et humble. Cette simplicitĂ© le rendait attachant.

Parcours d’un grand champion

Gilles Villeneuve est nĂ© le 18 janvier 1950 Ă  Berthier ville, une petite bourgade du QuĂ©bec, proche de MontrĂ©al. Son père Ă©tait accordeur de piano et subvenait ainsi aux besoins de la famille. L’adolescence du jeune homme fut d’avantage centrĂ©e sur les activitĂ©s en plein air que sur l’Ă©cole. Il attrapa très tĂ´t le virus de la vitesse. Que se soit sur son vĂ©lo ou sur les genoux de son père qu’il encourageait Ă  doubler les autres automobilistes. C’est au guidon de motoneiges que le talentueux pilote dĂ©buta en compĂ©tition. Pilotant, dĂ©jĂ , avec fougue sur les pistes verglacĂ©es. Il remporta plusieurs victoires couronnĂ©es par 2 titres mondiaux. Il avouera que cette expĂ©rience avait contribuĂ© Ă  sa maĂ®trise d’une monoplace de formule 1.

Ensuite il s’engagea dans des Ă©preuves de dragster dans lesquelles il prĂ©parait lui-mĂŞme sa voiture. Mais il fut vite lassĂ© par ce dĂ©fi qui consistait seulement Ă  accĂ©lĂ©rer en ligne droite. Il prit alors part aux courses de stock-car. Mais une fois encore, il fut vite lassĂ© par cette discipline. En cause, la forme uniquement ovale des pistes. C’est une visite Ă  l’Ă©cole de pilotage de Jim Russel Ă  Mont-Tremblant qui le persuada dĂ©finitivement que seules les courses sur circuits pourraient lui apporter ce qu’il recherchait : le frisson ! Cette dĂ©couverte faite, il s’engagea dès 1973 dans un championnat provincial de Formule Ford et remporta 7 courses sur les 10 que comptait la saison.

Un an plus tard, il sĂ©vit en formule Atlantic (F2 amĂ©ricaine). Malheureusement, Ă  cause d’un matĂ©riel infĂ©rieur Ă  celui de ses adversaires, le valeureux pilote ne parvient pas Ă  se distinguer. En 1975, il surmonta ce problème lors d’une Ă©preuve disputĂ©e sous la pluie Ă  Maritcha. Il y domina ses concurrents avec brio, encore une marque de fabrique des grands. Cette victoire s’avĂ©ra dĂ©terminante pour la suite de sa carrière.

En 1976, il intĂ©gra une Ă©quipe de pointe, Doug Shierman Racing. Pendant 2 saisons, Gilles Villeneuve domina ce championnat devant des pilotes comme Keke Rosberg, futur champion chez Williams en…1982. Le principal problème de Villeneuve Ă©tait l’argent. Il en manquait cruellement et ses nombreux succès n’y changeaient rien. S’il voulait s’en sortir et rejoindre le rang très fermĂ© des pilotes de Grand prix, le QuĂ©bĂ©cois comprit qu’il devait se faire connaĂ®tre auprès des spĂ©cialistes de la catĂ©gorie reine. Pour ce faire, il choisit la course de Trois Rivières. C’Ă©tait une course richement dotĂ©e ou Ă©taient engagĂ©s James Hunt, Alan Jones et Patrick Tambay, l’Ă©toile montante de la F2.

C’est grâce au soutient de son ami Gaston Parent, qui devint son manager, qu’il peut participer Ă  cette course. Encore une fois, Gilles fait parler son talent. PĂ´le position et victoire, ce jeune pilote impressionne. Au point que James Hunt suggĂ©ra Ă  Teddy Mayer, le patron de McLaren Ă  l’Ă©poque, de s’intĂ©resser Ă  lui. C’est comme çà que Villeneuve se vit confier la troisième Mclaren Ă  Silverstone en 1977. Aux essais il ne commit pas moins de 19 tĂŞte-Ă -queue, causĂ©s par sa recherche perpĂ©tuelle de la limite. Il se qualifie nĂ©anmoins Ă  une belle 9ème place. En course, il occupait la 4ème position avant de devoir rentrer aux stands. Une jauge dĂ©fectueuse indiquait une tempĂ©rature d’huile trop Ă©levĂ©e. Il perdit 6 places dans l’aventure.

Sa performance ne passe pas inaperçue aux yeux du Commendatore Enzo Ferrari qui l’engagea pour la saison 1978, Mclaren lui ayant prĂ©fĂ©rĂ© Patrick Tambay. C’est donc chez Ferrari qu’il dispute la saison 1978, aux cĂ´tĂ©s de Carlos Reutman qui hĂ©ritait d’une situation enviable. Lauda « mis dehors » après 4 saisons, 18 succès et 2 titres de champion du monde, il devenait le leader officiel de la Scuderia. Au volant de la voiture championne du monde en 77, Villeneuve semblait parti pour la gloire.

Cet engagement fut amplement critiquĂ© Ă  cause de l’inexpĂ©rience du pilote et de sa rĂ©putation de tĂŞte brĂ»lĂ©e. « J’ose penser que Ferrari est aussi capable de former des pilotes » dĂ©clara Enzo Ferrari « Certain estiment que Villeneuve est fou, moi j’estime qu’il faut lui donner sa chance. » Villeneuve donnait toujours le meilleur de lui, et ce quel que soit son classement Ă  l’arrivĂ©e d’un Grand prix. Son pilotage incisif lui valait soit de terminer en bonne place soit de casser la mĂ©canique ou encore de sortir de la piste. Au point qu’un jour Enzo Ferrari le traita de « Prince de la destruction ».

Parmi les plus beaux exploits de Villeneuve, l’on se souvient surtout de l’extraordinaire duel qui l’opposa Ă  RenĂ© Arnoux lors des derniers tours du G-P de France 79. Qui fut sans doute l’une des passes d’armes les plus spectaculaires de l’histoire de la F1. La Ferrari et la Renault se touchèrent plusieurs fois, sortant sur les bas cĂ´tĂ©s. Aucun des deux pilotes ne voulant cĂ©der. Finalement c’est Villeneuve qui conserva l’avantage, de peu. Autre moment fort de la carrière du champion : le Grand prix de Zandvoort 1979.

Le QuĂ©bĂ©cois prend l’avantage sur la Williams d’Alan Jones dans le virage Tarzan. Alors qu’il mène la course, il est victime d’une crevaison lente et part en tĂŞte-Ă -queue. Le tour suivant, le dĂ©chappage soudain du pneu propulse la Ferrari dans le dĂ©cor. Villeneuve attend un moment, engage la marche arrière, et retourne en piste en espĂ©rant regagner les stands. Il nĂ©gocia chaque virage avec prudence. Enfin arrivĂ© Ă  bon port, le pilote gesticula vers ses mĂ©caniciens pour qu’ils lui remettent sans tarder une nouvelle roue. Il fallut une certaine force de persuasion pour le convaincre que sa monoplace n’Ă©tait pas rĂ©parable. « Tant qu’elle roule, je peux la piloter. », dĂ©clara-t-il Ă  sa descente de voiture.

Villeneuve Ă©tait Ă  mille lieues du stĂ©rĂ©otype habituellement associĂ© Ă  l’image du pilote de Grand prix. Il Ă©tait toujours prĂŞt Ă  signer des autographes ou Ă  discuter avec ses supporters. Il Ă©tait aussi particulièrement aimĂ© des journalistes pour qui il Ă©tait toujours disponible. Les mĂ©dias apprĂ©ciaient son flegme et son insouciance, ainsi que sa force de caractère et de sa candeur. Il Ă©tait le premier Ă  reconnaĂ®tre ses erreurs, il ne mettait jamais sa voiture ou un autre pilote en cause.

En 1979, il aurait pu dĂ©crocher le titre suprĂŞme, mais il respecta les consignes d’Ă©quipes, et laissa gagner son Ă©quipier Jody Scheckter. Cela se passa moins bien avec Didier Pironi, l’amitiĂ© entre les deux se dĂ©gradant très vite après le G-P de Saint-Marin 1982. Villeneuve fut dĂ©stabilisĂ© par la manĹ“uvre de son Ă©quipier. Imola allait ĂŞtre la dernière course du petit prince Alors qu’il avait menĂ© la course depuis le dĂ©but, il fut doublĂ© par Pironi, qui transgressa les consignes d’Ă©quipe. Villeneuve vĂ©cu cela comme une trahison.

Zolder 1982 : en route vers son destin

Vendredi 7 mai. Gilles Villeneuve débarque de son hélicoptère seul, le reste de la famille étant resté à Monaco car la communion de la petite Mélanie se déroulait le même jour. Il était soucieux, son affabilité habituelle faisant place à une mine renfermée et grave.

Avant le dĂ©but des essais, le Canadien clama son intention de prendre sa revanche. Lors de la première sĂ©ance de qualification, il ne rĂ©alisa que le cinquième temps, devant Pironi. Le soleil fit son apparition lors de la deuxième sĂ©ance. La pole serait une affaire rĂ©servĂ©e exclusivement aux pilotes Renault, supĂ©rieurs Ă  leurs adversaires. A quinze minutes du terme, Didier Pironi devance Gilles Villeneuve. Le QuĂ©bĂ©cois s’Ă©lance plus dĂ©terminĂ© que jamais. Il rĂ©alisa son meilleur chrono, mais dĂ©cida de poursuivre ses efforts pour devancer Pironi. Il nĂ©gocia avec rage la chicane au bout de la ligne droite, puis disparut derrière la butte et fila vers son destin.

Devant lui, il y avait la March n°17 au ralenti. Mass vit Villeneuve dĂ©bouler dans ses rĂ©tros et choisit de se ranger prudemment sur le cĂ´tĂ© droit de la piste : « J’ai vu Gilles et j’Ă©tais persuadĂ© qu’il me dĂ©passerait par la gauche, dĂ©clara Mass. Je n’en ai pas cru mes yeux lorsque je l’ai vu s’envoler après m’avoir heurtĂ© Ă  l’arrière droit. »

La Ferrari fut catapultée dans les airs, faisant une série de cabrioles avant de retomber museau. La monoplace se plia et recommença une série de pirouettes effroyables. La force du choc fut telle que les fixations du baquet cédèrent. Le pilote fut propulsé en plein vol et retomba 10 mètres plus loin dans les filets de protection.

Un premier mĂ©decin 35 secondes après le drame effectua un massage cardiaque pour rĂ©animer le pilote, en vain. AlertĂ© par un drapeau rouge ; le professeur Sid Watkins arriva Ă  13h52. Mais il dut bien constater que la situation Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ©e. « Ses pupilles Ă©taient dilatĂ©es et son corps paraissait flasque. Aucun dommage corporel n’Ă©tait apparent, ce qui m’incita Ă  croire Ă  une rupture des vertèbres cervicales, probablement dĂ©s l’impact initial. »

Le QuĂ©bĂ©cois fut maintenu en vie et transportĂ© Ă  la clinique universitaire de Louvain, oĂą un examen radiologique confirma l’hypothèse du professeur. Il tĂ©lĂ©phona immĂ©diatement Ă  Jody Scheckter Ă  Monaco lui demandant d’aller au domicile des Villeneuve sur les hauteurs monĂ©gasques.

Joanne, sa femme, fit face Ă  la situation. Ils se recueillirent une dernière fois en silence avant qu’elle ne donne son consentement au dĂ©branchement de l’appareil respiratoire. Gilles Villeneuve fut dĂ©clarĂ© mort Ă  21h12. La Scuderia reçu des milliers de lettres dans les semaines qui suivirent le dĂ©cès du pilote, dont cet Ă©mouvant message :

« Salut Gilles. Lorsque tu es partit, mon cĹ“ur et mes rĂŞves se sont brisĂ©s, et je ressens comme un immense vide, qui ne sera sans doute jamais comblĂ©. Le soir, je regarde le ciel et j’observe les Ă©toiles. Tu es celle qui brille au firmament, plus Ă©tincelante que jamais. J’espère que tu auras trouvĂ© un circuit tous lĂ -haut au paradis, oĂą tu pourras conquĂ©rir de nouvelles Victoires. Adieu Gilles. »

Palmarès en Formule 1

AnnéeEquipeClasPtsGPPolVictMTAbdNQ
1977McLaren-Ford-0100000
Ferrari-0200020
1978Ferrari9e171601160
1979Ferrari2e471513650
1980Ferrari10e61400070
1981Ferrari7e251512180
1982Ferrari15e6400020
Total 10167268300

Benoît Fraikin



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• 1959
• 1960
• 1961
• 1962
• 1963
• 1964
• 1965
• 1966
• 1967
• 1968
• 1969
• 1970
• 1971
• 1972
• 1973
• 1974
• 1975
• 1976
• 1977
• 1978

Pilotes
• Juan-Manuel Fangio
• Gilles Villeneuve

Courses
• Silverstone 1985

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