Retour sur l’affaire d’espionnage qui a agité le monde de la Formule 1 en 2007, un an après les premières révélations.
Le 3 juillet 2007, Ferrari annonce que l’un de ses ingénieurs, Nigel Stepney, est licencié en raison de soupçons de sabotage : une mystérieuse poudre blanche aurait été retrouvée près du réservoir d’une monoplace avant le Grand Prix de Monaco. Plus tard dans cette journée du 3 juillet, McLaren annonce la suspension d’un membre important, sans nommer Mike Coughlan, en raison de soupçons d’espionnage sur l’équipe Ferrari.
Dans les jours suivants, l’affaire devient publique. Nigel Stepney a fourni des informations confidentielles de Ferrari à Mike Coughlan à travers un dossier de 780 pages. C’est l’employé d’un magasin de photocopies de Woking, la ville où McLaren est basée, qui a permis de révéler l’affaire. Il a vu la femme de Mike Coughlan photocopier le dossier de 780 pages, où des logos Ferrari étaient présents. Cet homme a prévenu la Scuderia et Luca di Montezemolo, le patron de Ferrari, l’a publiquement remercié.
Le 26 juillet 2007, une première réunion du Conseil Mondial décide de ne pas pénaliser McLaren. Mais le 13 septembre, lors d’une seconde réunion, l’équipe anglaise reçoit la plus grosse pénalité de l’histoire du sport, 100 millions de dollars, et elle est exclue du championnat des constructeurs 2007. La FIA précise également que la participation de McLaren au championnat 2008 ne sera possible que s’il est prouvé qu’aucun élément venu de Ferrari n’est utilisé.
Les pilotes ne sont pas sanctionnés : des e-mails échangés par Fernando Alonso et Pedro de la Rosa ont servi de preuve au Conseil Mondial, et ils ont collaboré pour éviter une suspension de leur super-licence. Selon le Guardian Alonso aurait menacé Ron Dennis lors du tumultueux week-end du Grand Prix de Hongrie, le 5 août 2007, en lui disant qu’il préviendrait la FIA qu’il détenait ces e-mails s’il n’obtenait pas le statut de numéro un ou s’il n’obtenait pas l’autorisation de quitter l’écurie. Alonso aurait présenté ses excuses quelques heures plus tard mais entre temps, Ron Dennis aurait lui même prévenu la FIA, pour éviter des représailles. C’est pour cela que la FIA aurait demandé aux pilotes McLaren de collaborer.
Le 13 décembre 2007, McLaren-Mercedes fait des excuses publiques et sans réserve à la FIA et propose de geler le développement de certaines pièces de sa future monoplace, pour assurer qu’aucune donnée de Ferrari ne sera utilisée. Quelques jours plus tard, la FIA annule la réunion qui devait avoir lieu le 14 février 2008, et où la légalité de la McLaren de 2008 devait être discutée.
Aujourd’hui, l’affaire est close sur le plan sportif, mais pas sur le plan juridique. En février, des perquisitions ont eu lieu dans les locaux de McLaren et au domicile de plusieurs membres importants. Ces derniers, notamment Ron Dennis, ont été entendus par la justice italienne, tout comme Fernando Alonso et Pedro de la Rosa.
McLaren a mis fin au contrat de Mike Coughlan en mars dernier. Selon Autosport, l’ingénieur aurait reçu une sanction de la FIA l’empêchant de travailler dans le milieu du sport automobile jusqu’en juin 2009.
La FIA a également fortement déconseillé aux écuries d’engager Nigel Stepney jusqu’à cette même date. Stepney travaille maintenant chez Gigawave, une société spécialisée dans les caméras embarquées.
La procédure lancée en Italie en raison des soupçons d’espionnage est également toujours en cours.
Un Comité de Gestion du Fonds a été créé, pour redistribuer les 100 millions de dollars de la pénalité de McLaren, avec Michael Schumacher a sa tête. Cette somme servira à trois domaines : des bourses pour un programme de la sécurité des jeunes pilotes, un programme d’entraînement aux techniques de sécurité des commissaires,
et un programme pour améliorer la sécurité des installations.
Retrouvez toutes les informations cette affaire d’espionnage
Vincent Lalanne-Sicaud
Derniers articles sur F1-action
Derniers articles sur Formule 1